Gérard
Collomb découvre l’Amérique.
Il rêve de faire de Lyon une métropole européenne
à l’image des grandes villes américaines : quartier
de bureaux, pôles de loisirs, pôles de grandes surfaces,
pôles de création, hôtels 4 étoiles pour les
« décideurs » etc..
Dans cette vision de la cité, les tours sont incontournables.
Toutes les grandes capitales ont leur tour et les pays d’Asie
ou d’Afrique, pour imiter et dépasser l’architecture
occidentale, font le concours de la plus haute tour.
Seulement à Lyon comme il faut faire passer (assez facilement
d’ailleurs) la pillule aux Verts alliés fidèles
de Collomb, la tour sera « écologique »
et s’appellera « Oxygène ». Et après
le crayon et Oxygène sont prévues d'autres tours afin
que notre quartier de bureaux soit enfin digne de la Défense
à Paris.
Mais c’est un mauvais tour pour l’écologie pour
trois raisons !
- Cette tour a surtout pour objectif d'aggrandir le centre commercial
de la Part Dieu. Adieu les petits commerces de quartier, ruinés
par la concurrence ! Tout le monde devra aller faire ses courses dans
le temple de la consommation... Bien entendu, on pourra aller au bureau
et à l'hypermarché en voiture, puisque la construction
de la tour s'accompagne de celle d'un gigantesque parking. C’est
donc plus de voitures, plus d’infrastructures routières
et plus de pollution.
- Quant à l'architecture, elle peut prétendre à
une image écologique grâce à l'utilisation de technologies
innovantes. Mais l'énergie dépensée pour la construction
d'un tel monstre ne sera jamais compensée par ces gadgets coûteux.
De plus, les parkings en sous-sol de la tour sont construits dans la
dans la nappe phréatique, obligeant à un pompage incessant,
donc à une dépense permanente d’énergie.
- Cette construction aggrave la polarisation de la ville : le loisir
sur les quais de Rhône, le travail à la Part Dieu, le repos
au fin fond du 3ème. Or, les moyens technologiques modernes (internet,
fax, …) permettent que TOUS les emplois de bureaux ne soient au
même endroit ! Lorsqu’on peut détourner des
millions d’Euros par un clic dans un paradis fiscal on peut aussi
communiquer avec un bureau situé dans un autre quartier de la
ville. On peut donc répartir l’emploi dans les différents
quartiers et éviter les zones dortoirs.
C’est aussi une opération de spéculation
qui comporte d’ailleurs des risques financiers
- La concentration des bureaux au même endroit amène à
une vaste spéculation financière où les terrains,
les locaux coûtent de plus en plus chers. Ce qui amènera
inévitablement à la montée des hauteurs d’immeubles
et à d’autres tours… multipliant les risques d’asphyxie
urbaine.
- De plus il n’est pas certain que cette inflation de bureaux
au même endroit se justifie vraiment. Et il est fort possible
qu’après la frénésie de construction on se
retrouve avec des bureaux vides car trop chers pour des petites entreprises,
comme ce fut le cas à Paris !
Enfin la désertification la nuit provoque pour les rares habitants
un sentiment d'insécurité. Qu'on comblera bien sûr
en mettant d'inutiles caméras de vidéosurveillance !